
L’incident du drapeau arc-en-ciel à Casablanca
Le 29 octobre 2026, lors d’un concert-hommage au groupe Coldplay organisé dans l’espace du Sacré-Cœur à Casablanca, un groupe étranger a brandi le drapeau arc-en-ciel (drapeau LGBT) sur scène.
Cette initiative a provoqué l’indignation et la colère de dizaines de spectateurs, qui ont quitté la salle en signe de protestation et ont vivement critiqué les organisateurs pour n’avoir pas tenu compte de la sensibilité du public marocain. L’incident a également ouvert un débat sur la responsabilité des autorités en charge des espaces culturels publics et sur leur connaissance préalable du contenu des spectacles.
La position du Maroc : une législation stricte et un refus officiel de changement
On ne saurait dire que le Maroc ait « normalisé » l’homosexualité ; bien au contraire, la position officielle et juridique est claire et sans ambiguïté :
· Criminalisation juridique : l’article 489 du Code pénal marocain criminalise les relations homosexuelles consenties entre adultes et les punit de six mois à trois ans d’emprisonnement, assortis d’une amende.
· Absence de protection juridique : la loi marocaine ne prévoit aucune protection contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, et elle ne reconnaît pas le mariage entre personnes de même sexe.
· Refus officiel des recommandations internationales : lors de l’Examen périodique universel (EPU) des droits de l’homme aux Nations unies, le Maroc a officiellement rejeté les recommandations appelant à dépénaliser les relations homosexuelles consenties, en réaffirmant son attachement aux « constantes » nationales et religieuses.
Les pays qui criminalisent l’homosexualité dans le monde
En 2026, entre 62 et 66 pays environ continuent de criminaliser les relations homosexuelles consenties. On peut les classer comme suit :
· Pays appliquant la peine de mort : l’Iran, l’Arabie saoudite, le Qatar (lapidation) et la Somalie (de manière non officielle).
· Pays prévoyant de longues peines d’emprisonnement :
· Irak : jusqu’à 15 ans de prison.
· Sénégal : jusqu’à 10 ans de prison (la peine a récemment été doublée).
· Pays prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à trois ans (comme le Maroc) : Algérie, Tunisie, Égypte, Ghana, Ouzbékistan, entre autres.
· Pays à majorité musulmane : plus de la moitié de ces États (environ 36 pays) sont à majorité musulmane.
Les accords internationaux : il n’existe pas d’obligation universelle
Un point juridique international essentiel doit être précisé :
· Aucun instrument international contraignant : il n’existe aucun traité ou accord international de droits humains qui oblige expressément les États à reconnaître les droits des personnes homosexuelles ou à dépénaliser les relations homosexuelles.
· Des déclarations non contraignantes : en 2008, la « Déclaration sur les droits de l’homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre » a été présentée à l’Assemblée générale des Nations unies, mais il s’agit d’une déclaration politique juridiquement non contraignante, signée par seulement 66 États.
· Une divergence internationale persistante : en 2026, le Pakistan, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a proposé un amendement à une résolution du Conseil des droits de l’homme réaffirmant que « le droit international des droits de l’homme n’oblige pas les États à reconnaître les relations sexuelles entre personnes de même sexe », ce qui traduit la persistance d’une division mondiale sur cette question.
En résumé, l’incident récent reflète une tension entre des pratiques artistiques individuelles et le contexte juridique et social marocain, qui continue de considérer les relations homosexuelles comme un délit, position que le Maroc maintient officiellement malgré les pressions internationales.


